Passeurs d’ombre, Marie Kuhlmann

Passeurs d’ombre, Marie Kuhlmann

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Passeurs d’ombre est la suite du roman Le Puits Amélie, dans lequel Marie Kuhlmann raconte les débuts de l’exploitation de potasse en Alsace au début du XXe siècle. Je n’ai pas lu ce premier opus, mais cela n’a pas du tout entaché ma lecture, l’auteur faisant un rappel des faits et du contexte historique permettant de prendre le train en marche…

L’histoire (résumé en 4ème de couverture)

Jeune veuve, Blanche dirige les œuvres sociales des mines de potasse, près de Mulhouse. Quand, en 1940, les Allemands envahissent la région, elle est contrainte d’accueillir Kurt Friedrich, nouveau patron du puits Amélie. Très vite ils deviennent amants. Au cœur de cette Alsace écartelée dans laquelle on enrôle de force tout homme en âge de se battre, les «malgré-nous», Blanche suscite une haine féroce. Alors qu’on la croit vendue à la cause allemande et que, dans le même temps, elle est étroitement surveillée par la Gestapo, elle arrive à mettre en place, sous le nez de l’occupant, un important réseau de passeurs…

L’Alsace en temps de guerre

Passeurs d’ombre est mon premier roman “régional”. Si le contexte historique ne fut pas une découverte, il m’a permis de mieux comprendre la complexité des relations entre Alsaciens, Français et Allemands. Après 3 guerres (1870, 1914 et 1939 – cette dernière servant de décor au roman), la question de l’identité et du régionalisme devient cruciale.

Un portrait de femme

Le personnage de Blanche va en subir les conséquences. Alors qu’elle est accusée de se donner à l’ennemi, le lecteur se rend compte très vite que c’est loin d’être le cas : Kurt Friedrich est l’ancien patron de Blanche, un homme foncièrement bon et respecté, qui fut chassé d’Alsace à la fin de la Première Guerre Mondiale. Il a surtout été son premier amour… Quand il reprend ses fonctions au Puits Amélie, presque vingt ans plus tard et dans des conditions terribles (il est loin d’avoir adopté l’idéologie nazie), il retrouve rapidement sa place dans le cœur de l’héroïne. Ensemble, ils vont devoir faire face au jugement implacable de leurs voisins, et tenter de combattre l’ennemi, dans l’ombre : c’est ainsi qu’ils établissent un réseau de passeurs, chargés de conduire en Suisse des familles juives et d’autres personnes recherchées par la Gestapo.

Véritable saga où se croise le destin de plusieurs familles, Passeurs d’ombre est un roman très riche, extrêmement bien documenté, et qui reflète l’amour de l’auteur pour l’Alsace. Il pourrait très bien être porté à l’écran…

Passeurs d’ombre, de Marie Kuhlmann, Pocket, 438 pages, 7,20 €.

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